Les Emaux de Longwy
| Effectivement, nous sortons de Moselle pour nous rendre dans le département voisin de la Meurthe-et-Moselle. Mais rappelons-nous qu'avant la guerre de 1870-71 et l'annexion allemande, Longwy faisait partie du département de la Moselle. | |
Comme pour les autres faïenceries que nous avons déjà vu (Sarreguemines et Nidersviller), le choix de l'emplacement est dicté par la proximité avec l'eau et la forêt.
En 1815, le siège de Longwy par les Prussiens met temporairement entre parenthèses la production des faïenceries de Longwy. L'occupation de la ville terminée, la faïencerie passe sous la direction de Jean-Antoine de Nothomb, époux de la fille de Pierre-Joseph Boch (un des 3 fondateurs).
En 1835, Henri-Joseph D'Huart rachète la faïencerie - notons bien qu'à cette époque, il s'agit toujours de faïence et non d'émaux. D'Huart fait entrer la manufacture dans l'ère industrielle en révolutionnant les modes et techniques de fabrication : nouvelle glaçure, utilisation du coke comme combustible, cuisson au gaz perdu...
En 1866, ses deux fils, Ferdinand et Hippolyte d'Huart prennent la direction de la manufacture. Bien que novateurs, ils ne s'affranchissent pas réellement de l'influence paternelle.
En 1871, le traité de Francfort rattache Longwy à la Meurthe-et-Moselle.
| Le tournant pour la Faïencerie a lieu en 1872, lorsque les deux frères font venir l'Italien Amédée de Carenza. Il apporte avec lui des techniques exclusives qui permettront de réaliser des émaux cloisonnés sur faïence. Un véritable engouement est suscité par ces nouvelles créations que de nombreux prix viennent récompenser au cours des expositions universelles de Paris en 1878 et 1889. La première guerre mondiale n'affectera que peu la production et, en 1920, Fernand d'Huart prend la tête de la fabrique. | |
| En 1925, les Emaux sont présentés à l'exposition des Arts Décoratifs. Bien que primée en 1931, à l'Exposition Coloniale de Paris, l'entreprise est durement affectée par la crise de 1929. En 1940, la guerre stoppe la production. Elle ne reprendra qu'en 1945. La fabrique subit alors la concurrence des faïences d'importation, aux coûts de fabrication moins élevés. Pour subsister, l'entreprise se tourne alors vers vers les produits de luxe et abandonne la vaisselle de table. | |
| Mais les années sombres ont commencé. En 1958 et 1968, la faïencerie doit licencier du personnel. En 1991, après des années de léthargie, l'arrivée de Michelle Kostka ,amène un renouveau des formes, des décors et des couleurs : les Faïences et les Émaux de Longwy retrouvent le chemin des boutiques de luxe en France et à l'étranger. |
Pour vous rendre à Longwy, comptez une 60aine de kms et 40 minutes. Cliquez sur la carte pour voir l'itinéraire en taille réelle