Les mosellans expulsés pendant la seconde guerre mondiale
Les premiers élèments de la Wehrmacht étaient entrés à Metz le 17 juin 1940 et le drapeau à croix gammée hissé à l'hôtel de ville. Immédiatement, l'administration allemande prit toute une série de mesures afin d'accélèrer la germanisation de la Moselle.
Le 18 juin au matin, le préfet de la Moselle, le secrétaire général et le sous-préfet de Thionville étaient arrêtés ; ils allaient être internés à la Préfecture plusieurs semaines avant de devoir quitter la Moselle, le 9 août. Le reste de l'année 1940 sera marqué par les expulsions vers la France.
La première vague eut lieu dès la mi-juillet 40 : les Français dits "de l'intérieur" (français originaires d'autres département que ceux de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin), les Français d'Afrique du Nord, les Juifs de toutes nationalités, les Asiatiques et les gens de couleur, avaient trois jours pour évacuer les lieux, faute de quoi ils seraient reconduits à la frontière.
La deuxième vague d'expulsions commença le 16 août 40. La première victime était de marque : Mgr Joseph Heintz, évêque de Metz, réveillé à 6h30, fut conduit en voiture par des policiers allemands jusqu'à la ligne de démarcation et abandonné sur la route, dans un petit village au sud de Châlon sur Saône, avec ses deux valises, son manteau et son parapluie.
7.000 lorrains, fonctionnaires pour la plupart, mais aussi des naturalisés français, principalement d'origine italienne, durent partir, séance tenante, munis de 1.000 francs et de 30 kg de bagages.
La troisième vague, à la mi-septembre 40, comprenait des anciens conseillers municipaux, des membres des sociétés patriotiques françaises, des communistes, et naturellement les membres de leurs familles respectives. A la fin de septembre, 24.000 mosellans avaient été expulsés.
La quatrième vague, celle du 11 au 21 novembre 40, fut un véritable raz-de-marée : 63 trains débarqueront à Lyon plusieurs dizaines de milliers de mosellans. On estime à 100.000 le nombre de départs alors.
La cinquième vague, un communiqué du 16 mars 1941 demande à tous les Mosellans se reconnaissant français et désirant partir en France d'en faire déclarations aux autorités de police. Devant le flot de volontaires, un communiqué du 11 mai annonce qu'il n'y aura plus de départ. Fin juillet, toutefois, une centaine de prêtres sont encore expulsés : en octobre 1941, les forces du clergé mosellan s'étaient amenuisées de 60%.
On passa ensuite à l'étape suivante : l'ordonnance du 23 avril 1941 prévoyait que tous les mosellans des deux sexes entre 17 et 25 ans pourraient être incorporés dans le service du travail du Reich (Reichsarbeitsdienst)
Les familles expulsées ne devaient emporter que le strict nécessaire : une valise contenant pour chacun un vêtement de rechange. Pour les plus chanceux, une charrette à bras tirée par deux vaches. Pour se nourrir, trois poules gardées dans un grand panier fixé sous la charrette, pondaient des œufs. D'autres prennaient le train. Dans certains cas, la mairie fournissait à chaque famille des masques à gaz.
Le 18 juin au matin, le préfet de la Moselle, le secrétaire général et le sous-préfet de Thionville étaient arrêtés ; ils allaient être internés à la Préfecture plusieurs semaines avant de devoir quitter la Moselle, le 9 août. Le reste de l'année 1940 sera marqué par les expulsions vers la France.
La première vague eut lieu dès la mi-juillet 40 : les Français dits "de l'intérieur" (français originaires d'autres département que ceux de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin), les Français d'Afrique du Nord, les Juifs de toutes nationalités, les Asiatiques et les gens de couleur, avaient trois jours pour évacuer les lieux, faute de quoi ils seraient reconduits à la frontière.La deuxième vague d'expulsions commença le 16 août 40. La première victime était de marque : Mgr Joseph Heintz, évêque de Metz, réveillé à 6h30, fut conduit en voiture par des policiers allemands jusqu'à la ligne de démarcation et abandonné sur la route, dans un petit village au sud de Châlon sur Saône, avec ses deux valises, son manteau et son parapluie.
7.000 lorrains, fonctionnaires pour la plupart, mais aussi des naturalisés français, principalement d'origine italienne, durent partir, séance tenante, munis de 1.000 francs et de 30 kg de bagages.
La troisième vague, à la mi-septembre 40, comprenait des anciens conseillers municipaux, des membres des sociétés patriotiques françaises, des communistes, et naturellement les membres de leurs familles respectives. A la fin de septembre, 24.000 mosellans avaient été expulsés.
La quatrième vague, celle du 11 au 21 novembre 40, fut un véritable raz-de-marée : 63 trains débarqueront à Lyon plusieurs dizaines de milliers de mosellans. On estime à 100.000 le nombre de départs alors.
La cinquième vague, un communiqué du 16 mars 1941 demande à tous les Mosellans se reconnaissant français et désirant partir en France d'en faire déclarations aux autorités de police. Devant le flot de volontaires, un communiqué du 11 mai annonce qu'il n'y aura plus de départ. Fin juillet, toutefois, une centaine de prêtres sont encore expulsés : en octobre 1941, les forces du clergé mosellan s'étaient amenuisées de 60%.
On passa ensuite à l'étape suivante : l'ordonnance du 23 avril 1941 prévoyait que tous les mosellans des deux sexes entre 17 et 25 ans pourraient être incorporés dans le service du travail du Reich (Reichsarbeitsdienst)
Les familles expulsées ne devaient emporter que le strict nécessaire : une valise contenant pour chacun un vêtement de rechange. Pour les plus chanceux, une charrette à bras tirée par deux vaches. Pour se nourrir, trois poules gardées dans un grand panier fixé sous la charrette, pondaient des œufs. D'autres prennaient le train. Dans certains cas, la mairie fournissait à chaque famille des masques à gaz.
Arrivés à destination, les expulsés étaient hébergés dans des maisons vides. La mairie les nourrissait pendant huit jours, après ils devaient se débrouiller tout seuls. Ils recevaient du gouvernement français des allocations journalières leur permettant de vivre. Ils furent plus ou moins bien accueillis par les populations locales qui voyaient en eux des étrangers de passage. L'exil dura plusieurs années.
- Certains restérènt là où ils avaient été expulsés, souvent les plus jeunes, et refirent leur vie.
- La plupart rentrèrent chez eux. Pendant la guerre, la maison familiale avait été occupée par des soldats allemands, puis par des villageois sans abri. Parfois, la maison avait été détruite par des obus ou était occupée par des inconnus, endommagée, vidée de tous ses meubles. Ils allaient dans toutes les maisons du village pour récupérer une partie de leurs meubles. Certains avaient été utilisés comme bois de chauffage.
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