L'exposition Universelle de Metz

Publié le par Anna K.

Succédant à Londres, New York, Paris, le 20 mai 1861 s'ouvrait à Metz l'Exposition Universelle.
La tenue de cette manifestation prestigieuse dans la capitale mosellane est le fruit de l'ambition de l'élite de la ville.
En effet, en 1857, le ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics désigne Metz comme siège du concours annuel d'agriculture patronné par l'Empereur. Les échevins messins sont honorés et enthousiastes devant cette perspective : ils allouent une forte somme d'argent pour l'organisation de cet évènement.
Parallèlement, l'Académie Impériale de Metz suggère que pourrait se tenir dans le même temps une exposition sur l'industrie et sur les beaux-arts. Les société musicales proposent, elles, un festival de musique...
Devant l'engouement que manisfeste toute la ville, le conseil municipal demande à l'administration impériale l'autorisation d'organiser une exposition de l'agriculture, l'industrie, l'horticulture, les beaux-arts ainsi qu'un concours d'orphéons -chorales- où seraient invités toutes les provinces françaises, les colonies et les pays étrangers. L'Emprereur donne son autorisation. Les Messins, autour du maire Félix Maréchal, s'organisent. Ils créent un comité, présidé par le capitaine Auguste Vignotti, composé de notables, militaires, commerçants, scientifiques, artistes de la ville ... qui s'attache en premier lieu à récolter de l'argent. Outre les subventions du Conseil Municipal et du Conseil Général, une souscription publique est ouverte, à laquelle plus de 450 notables de la région répondent massivement.
Ensuite, il faut trouver un emplacement, la ville ne disposant pas de locaux appropriés. On décide donc d'organiser l'exposition sur la place Royale (actuelle Place de la République), sur l'esplanade, le jardin Boufflers, la rue des Clercs, la Caserne Ney et l'avenue Serpenoise (actuel Boulevard Schuman), soit un espace de 12000 m2 . Sur la place, de grands pavillons en bois sont dressés pour accueillir les exposants venus de toutes les régions de France, de l'empire colonial français, de Prusse, de Bavière, de Belgique, de Hollande, d'Angleterre, du Luxembourg, de Suisse...L'évènement gagne tellement en importance qu'il faut changer les plans et augmenter la capacité d'accueil des pavillons. Au total 2350 exposants rejoignent Metz au printemps 1861, ainsi que 1000 musiciens. Quelques grands noms de l'art, Bartholdi, Courbet, Pissaro sont présents. Des dizaines de milliers de visiteurs affluent grâce au tout récent réseau de chemin de fer, par la gare située à quelques pas de l'exposition. Il leur en coûte 1 franc de droit d'entrée en semaine et 50 centimes le dimanche. Expositions bovines, artisanat, machines-outils, concours de fanfares, tableaux de maîtres sont exposés 4 mois durant, au cours desquelles la ville est en effervescence. Des médailles sont remises aux lauréats des concours ainsi que des prix en argent.
L'exposition universelle clôt ses portes le 13 octobre 1861, après un beau succès populaire.
Moins de 9 ans plus tard, cependant, la place Royale accueillera cette fois les tentes et le matériel de l'armée française bloquée au cours du siège de la ville, dernière présence de l'autorité française avant près d'un demi-siècle d'annexion.
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