Le sacramentaire de Drogon

Publié le par Anna K.

Au VIIIème siècle, devant la décadence du clergé, Pepin le bref décide de réformer l'Eglise Franque et d'uniformiser sa liturgie. Il choisit Chrodegang, évêque de Metz, comme chef de l'Église Franque. À sa demande, celui-ci écrit entre 754 et 756 une règle des chanoines, d'abord appliquée au seul évêché de Metz, généralisée ensuite à l'ensemble des églises franques.

De nouveaux ouvrages - sacramentaires, antiphonaires, lectionnaires, évangéliaires...- sont imposés pour remplacer les manuscrits anciens qui contenaient des prières et des pratiques locales.

Dans les monastères et les cités les plus importantes s'établissent alors des ateliers d'écriture - des scriptoria - chargés de copier et recopier les nouveaux textes pour les disséminer à travers le pays. Dès cette date, l'évêque-archevêque Angelram créé à Metz un scriptorium qui se spécialise dans les enluminures : lettres colorées et disposées avec art, images accompagnant et complétant le texte.

Mais l'homme qui va laisser son nom dans l'histoire des enluminures de Metz est Drogon, évêque de la ville de 826 à 855. Il compte parmi les plus grands mécènes de l'époque carolingienne, en compagnie de son père, l'empereur Charlemagne. Le chef d'oeuvre des manuscrits réalisés sous son mécénat est sans conteste son sacrementaire - recueil de prières - réalisé entre 844 et 855.

L'ouvrage est entièrement écrit en lettres d'or dans une belle minuscule caroline et décoré de 38 initiales historiées, de plusieurs cadres architecturaux et de quelques lettres simplement décorées.

Outre le canon de la messe (partie de la prière allant de la Préface au Notre Père), il contient des oraisons des principales fêtes de l'année liturgique et des messes votives.

Le sacramentaire de Drogon est actuellement exposé à la Bibliothèque Nationale.

Sacramentaire de Drogon

Dés lors et jusqu'à la fin du Moyen-Age, Metz a une production importante de beaux livres et de reliures riches, tels que le Sacramentaire de Metz et le Bréviaire de Renaud de Bar :

Sacramentaire de Metz Bréviaire de Renaud de Bar

Commenter cet article

Le chevalier Dauphinois 10/02/2009 07:10

Il y a quelques années, je m'étais intéressé (rapidement je l'avoue) aux "riches heures" du Duc de Berry et, bien que ce style de représentation ne soit pas ma passion, j'avait apprécié la qualité de réalisation.
Dans ces petites recherches, il y avait quelques comparaison avec Metz et Drogon.
Mais mon "cerveau heaumé" n'avait pas creusé plus.
Merci, princesse AnnaK pour cet article qui me redonne l'envie du plaisir ... médiéval.