Les mosellans internés et déportés pendant la seconde guerre mondiale

Publié le par Anna K.

L'histoire des départements annexés pendant la Seconde Guerre mondiale ne se résume pas au sort tragique des Malgré-Nous. Méconnue dans l'historiographie française, la résistance des mosellans a été particulièrement forte et populaire. 

Le 17 juin 1940, l'armée allemande s'empare de Metz. Plus qu'ailleurs, la population vit mal une occupation brutale qui nie la culture locale, avec notamment l'interdiction de parler français. L'Allemagne nazie n'a de cesse de vouloir germaniser les populations mosellanes. Malgré le silence officiel des conditions d'armistice, il apparait bien vite que le processus d'annexion est entamé. Que faire des récalcitrants? Les faire céder...

Dès cette date, près de 8.000 mosellans (en Moselle et hors Moselle) vont être arrêtés (plus de 1% de la population) pour les motifs suivants :
  • 2.379 pour motif racial (juifs, gitans)
  • 1.302 réfractaires et déserteurs (au service du travail du Reich et à l'incoporation dans la Wehrmacht)
  • 1.211 pour appartenance à des mouvements de résistance
  • 806 comme actions de représailles (otages,rafles)
  • 594 pour aide à l'évasion des prisonniers de guerre français et alliés
  • 584 pour propagandes anti-allemande
  • 181 arrestations pour faits antérieurs à juin 1940 (espionnage)
  • 171 pour infractions aux lois de l'économie de guerre (refus de travailler)
  • 161 pour départs vers la zone libre
  • 161 comme droits communs
  • 141 pour écoute de la radio étrangère
  • 23 pour maintien d'un contact avec la zone libre
Le pic des arrestations a été atteint en 1944. Ce sont les ouvriers qui ont payé le plus fort tribu.

Après leur arrestation, leur destinée sera la suivante :

  • 151 ont été fusillés et massacrés sur place.
  • 1.798 ont été internés en Moselle, en Alsace, au Luxembourg, en Espagne ou dans les pays alliés du Reich ou occupés par lui :
    • 96 vont y trouver la mort
    • parmi ceux qui retrouveront la liberté :
      • un tiers dut attendre la liberation du camp,
      • les autres furent libérés avant (faute de preuves ou à l'expiration de leur peine, amnistie, maladie ou grand âge ...)
Les lieux d'internement (y ont aussi été incarcérés les déportés pour lesquels ce n'est qu'une étape)
lieux d'internement en France
  • 5.812 ont été déportés dans des prisons d'Outre-Rhin et des camps de concentration (Dachau, Struthof, Ravensbrück...) :
    • 2.960 ne sont pas rentrés
    • parmi ceux qui retrouveront la liberté, 71 % durent attendre la libération du camp par les forces alliés (avril-mai 1945)
Les prisons et camps de concentration
Lieux de déportation
Une fois le débarquement de Normandie et la percée d'Avranches réussis à l'Ouest et compte tenu de la rupture déjà consommée du front oriental, l'étau se resserre sur le Reich et ses camps de concentration. Le problème qui se pose alors est celui de la liquidation totale des déportés.

Dès juillet 1944, l'Armée Rouge libère les camps de Kaunas et de Lublin-Majdanek, devant l'avance des armées alliées, les SS évacuent les détenus vers le coeur du Reich : Dachau, Buchenwald..

Puis devant l'inévitable, les Allemands abandonnent les morts et les malades, ne bousculant que les vivants : c'est ce qu'on appelle les "marches de la mort". Elles durèrent près de 12 jours en avril 1945.

Le 29 avril, les Américains libérèrent le camp de Dachau.

Le 28 mai, les déportés furent rapatriés vers Mulhouse.

Publié dans Terre de Migrations

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