L'abbatiale Saint-Nabor de Saint-Avold

Publié le par Anna K.

En l'an 509, Saint Frigolin, venant d'Irlande, fonda un oratoire près du monastère de Saint-Martin-des-Glandières, à Longeville. Il l'appela Hélariacum, car il vouait une vénération profonde à Saint Hilaire, évêque de Poitiers.

L'oratoire devint peu à peu une importante abbaye bénédictine, entourée des habitations de la population évangélisée.

Au VIIIème siècle, Sigisbaud, évêque de Metz, l'agrandit et lui donna le nom de Nova Cella. Un autre prélat messin, Chrodegang, rapporta de Rome les reliques de Saint Nabor et les déposa dans l'abbaye qu'il plaça alors sous l'invocation de ce bienheureux.

Au cours des siècles, cette appellation se transforma en celles de Saint-Navor, Saint-Avor, Saint Avo, et enfin Saint-Avold.

L'abbaye appartint pendant dix siècles aux évêques de Metz. Les abbés se placèrent sous la protection temporelle des comtes de Nassau-Sarrebrück. Pour défendre le monastère, ces seigneurs élevèrent les châteaux de Saint-Nabor et de Hombourg.

En 1395, l'évêque Raoul de Coucy céda la moitié de Saint-Avold au duc de Lorraine Charles II.

Et, pendant plus d'un siècle, la ville passa de mains en mains, tantôt :
  • dans celles des ducs de Lorraine
  • tantôt dans celles des évêques de Metz
  • ou encore des comtes de Nassau-Sarrebrück.
Jusqu'au jour où le duc Henri II de Lorraine la céda à sa nèce Henriette de Lorraine.

Cette princesse aimait l'aventures et les intrigues. Elle prit fait avec vivacité pour son frère, le duc Charles IV, prince indécis et versatile. Elle s'attira par là l'inimité agissante du roi Louis XIII et surtout les foudres du cardinal de Richelieu.

La guerre de Trente Ans dévasta la région, constamment traversée et mise à sac par l'un ou l'autre des belligérants.

Et les armées françaises occupèrent le duché de Lorraine, forçant Charles IV à s'éxiler.

Par le traité de Ryswick, en 1697, le duc rentra en possession de ses états, y compris la ville de Saint-Avold.

Enfin, en 1766, à la mort du duc Stanislas Leczinski, roi de Pologne, la ville passa, avec toute la Lorraine, sous la souveraineté française.
L'église abbatiale de Saint-Avold, de style baroque français, fut bâtie vers 1750 en belles pierres de grès rose. D'importants bâtiments conventuels (qui appartient à une communauté religieuse) l'entouraient, avec un cloître paisible, un beau jardin et un grand parc. L'abbatiale Saint-Nabor de Saint-Avold
A la Révolution, elle devint église paroissiale, et les dépendances furent mises en vente.

En 1944, une bombe tomba sur l'édifice, y causant de gros dégâts. Mais souvent un mal amène un bien. On profita de la réfection pour enlever les lourds ornements de stuc, les dorures et les peintures qui, depuis le début du XXème siècle, surchargeaient l'intérieur de l'église. Le grès rose, décapé, réapparut alors dans toute sa splendeur et sa simplicité.

Elle est classée monument historique depuis 1930.

Pour vous rendre à l'abbatiale : comptez une quarantaine de minutes - Saint-Avold est à 40 km à l'est de Metz. Pour voir la carte en grandeur réelle, cliquez dessus

Publié dans Terre de Patrimoine

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Ewan 15/02/2009 01:41

Magnifique sujet . Connaissant bien St-Avold j'ai pris beaucoup de plaisir à lire l'article.
Merci et bon dimanche