Le temps de latence entre la fin du
RAD et l'incoporation de force dans la Wehrmacht (puissance de défense), la Kriegsmarine (Marine
de guerre) et la Luftwafe (Armée de l'Air) avait lui aussi tendance à se raccourcir.
Dans un premier temps, le Haut-Commandement de la Wehrmacht ne manifesta guère d'enthousiasme à l'égard d'une incoporation des Mosellans : un sentiment de défiance issu des désertions de
1914-18 en était la cause. Mais l'échec de la stratégie du Blitzkrieg (guerre-éclair), en 1941, face à l'URSS obligea l'Allemagne à se préparer à un conflit long et coûteux en vies et à
faire appel aux volontaires, par voie de presse et d'affiches. Les résultats ne furent pas à la hauteur des efforts déployés.
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Une ordonnance du
19 août 1942 décrêta alors l'incorporation de force des Mosellans dans l'armée allemande.
Toutes sortes de subterfuges furent inventées pour ne pas accomplir son service militaire : faux dossiers médicaux, opérations chirugicales provoquées ou accidents volontaires. Beaucoup de
réfractaires s'évadèrent en zone libre ou s'engagèrent dans l'armée d'armistice (sa fonction principale était de défendre la "neutralité" de Vichy ; dans certaines unités, la proportion des
Alsaciens-Mosellans était de 35 à 40%).
Une ordonnance du 1er octobre 1943 rendit collectivement responsables tous les membres de la famille d'un fugitif. Ceux qui furent repris, furent envoyés en camps, condamnés à des peines de mort ou
de travaux forcés, quand ils ne furent pas fusillés sur le champ.
On estime généralement, le nombre des insoumis mosellans à 6.000 et le nombre des déserteurs à 3.000.
Entre octobre 1942 et fin 1944, environ 30.000 Mosellans - 14 classes d'âge (de1914 à1927) - citoyens français, habitant un département resté lui aussi "juridiquement" français furent incorporés de
force dans l'armée allemande et obligés de se battre sous un uniforme qui n'était pas le leur. Ils furent communément appelés les
Malgré-nous.
Le Haut-Commandement militaire allemand se méfiant toujours de la loyautés de ces enrôlés :
- 90% furent affecté sur le front de l'Est
- et les 10% restant, envoyés dans d'autres armes. Seuls les incorporés volontaires étaient mutés dans les territoires de l'Ouest (France, Pays-Bas et Belgique).
Les incorporés de force mosellans ne se retrouvèrent que très rarement regroupés dans une même unité (jamais plus de 10% dans une même unité de combat), afin qu'ils ne puissent se concerter en
vue d'une évasion. Ils eurent à subir discipline, embrigadements, parfois brimades et humiliations avant de connaître les horreurs du front de l'Est.
Pour les survivants, devenus prisonniers de guerre, ils durent encore croupir dans de sinistres camps soviétiques...
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