Le lorrain

Publié le par Anna K.

Nous avons vu que le département de la Moselle était divisé en deux, linguistiquement :
  • le sud, où l'on parle le lorrain, un ensemble de dialectes romans plus ou moins proches du français.
Comme on peut le constater sur la carte ci-dessous, la frontière linguistique va de Volmerange-les-Mines dans le nord à Walscheid dans le sud.

Cette frontière est très ancienne, elle date de bien avant les invasions barbares du Ve siècle :
  • Depuis près de cinq siècles avant J-C, la Moselle était habitée  par les celtes médiomatriques. La population parlait alors le celte.
  • Puis, les germains vinrent s'établir sur la rive gauche du Rhin et y imposèrent leur langue.
  • Enfin, lorsque les romains envahirent la région, les classes supérieures adoptèrent le latin.
Sur la majorité du territoire de la Moselle, les trois langues - celtique, germanique et romane - coexistèrent pendant plusieurs siècles. La frontière, que nous connaissons, ne s'est fixée qu'entre le VIème siècle et le Xème siècle.



Le lorrain est une langue d'oïl, issue de la présence romaine : il désigne un ensemble de dialectes romans parlés en Lorraine. Il en est répertorié plusieurs variantes selon les régions - argonnais, longovicien, messin, nancéien, spinalien, déodatien - qui elles-mêmes se déclinent en sous-variantes.

Le lorrain est aussi parlé :
  • dans certaines enclaves, à l'ouest de l'Alsace : c'est le parler welche. Ce nom est l'équivalent de roman dans les langues germaniques.
  • Le sud du Luxembourg belge parle le gaumais : c'est le lorrain de Belgique.
Cette langue est peu usitée aujourd'hui, mais elle a laissé des mots et expressions profondément ancrés dans le langage courant en Moselle, et pas seulement chez les centenaires au fin fond des campagnes. Il m'arrive souvent d'employer des termes qui ne sont pas français mais locaux sans même le savoir.

Publié dans Terre d'Exception

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