Blogs 57 - La Communauté de Moselle
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Les premières traces tangibles de cette communauté date du Xème siècle avec Rabbenou Guershom, le plus prestigieux des rabbins messins. Il est le fondateur des études talmudiques
en France et en Allemagne.
Il réunit un synode en l'an 1000, lors duquel de nombreuses décisions prises, sont encore en vigueur aujourd'hui : interdiction de la polygamie, nécessité de l'accord des deux conjoints
en cas de divorce ... D'autres Rabbins prestigieux vont se succèder à la tête de la Communauté.
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Au début du deuxième millémaire, les croisades (massacres à Metz en 1096), les mesures contre les Juifs décidées aux différents conciles (Le Concile de Latran en 1215) et enfin l'expulsion des Juifs de France sous Philippe le Bel (en 1306) influent sur le sort des Juifs lorrains - bien que Metz ne fassent pas partie alors du royaume de France mais des Trois Evêchés - les Juifs disparaissent de Metz en 1365.
Le retour de Metz à la France, en 1552, donne un nouvel essor à la communauté qui se reforme. Peu à peu, elle se développe en bénéficiant de la protection royale : Metz est une ville de
garnison et de nombreux militaires y résident. Les Juifs, souvent marchands de chevaux, sont fournisseurs des armées. En 1567, les autorités françaises leur permettent de s'établir en tant
que banquiers : ils vivent sous la protection des rois de France qui leur accordent des lettres patentes, mais sont souvent soumis à l'hostilité de la population messine. La communauté juive
reste confinée dans le ghetto aux hautes maisons et aux ruelles étroites autour de la Jurue - la rue des Juifs
.Elle se gouverne elle-même et forme un état dans
l'état : elle posséde son gouvernement, son tribunal, sa synagogue, ses commerces, ses confréries charitables et ses médecins.
Une première synagogue est construite en 1618 en bas de la rue d'Enfer : elle accueille désormais un centre biblique.
Les privilèges seront confirmés par Henri IV en 1605, puis Louis XIII en 1632.
Le 25 septembre 1657, Louis XIV, accompagné de son frère, est le premier souverain français à visiter une synagogue, ce sera celle de Metz. A partir de cette époque la ville de Metz est certainement la communauté la plus savante d'Europe. Elle nomme les rabbins les plus prestigieux et ceci jusqu'à la révolution.
C'est dans ce contexte qu'en 1669 a lieu l'Affaire de Boulay : Raphaël Lévy, accusé de meurtre rituel sur un enfant, est exécuté. De nouvelles persécutions s'ensuivent contre les Juifs, les messins ne voulant pas croire à l'innocence de Raphaël Lévy et s'en prenent souvent au quartier juif. Afin d'être protégé par les autorités, les Juifs s'engagent à payer au duc de Brancas et a ses successeurs une taxe spéciale : la "Taxe Brancas". Celle-ci, qui grêve lourdement le budget de la communauté, est payée jusqu'à la Révolution.
Nous sommes à la veille de la Révolution et les esprits commencent à s'échauffer. Les Juifs de Metz se sentent solidaires de la Révolution. Ce qui n'empêche pas les biens religieux d'être saisis pendant la Terreur. La synagogue n'échappe que de justesse à la vente mais le cimetière - qui se situerait à l'entrée de l'avenue Blida - est profané.C'est en 1827 qu'est inaugurée l'école rabbinique de Metz. Elle fonctionne jusqu'en 1859, date à laquelle l'empereur Napoléon III ordonne son installation à Paris.
L’actuelle synagogue est inaugurée en 1850
Au lendemain de la guerre la communauté juive se reconstitue. Elle voit l'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord dans les années 62.
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