Des Lorrains émigrés en Russie

Publié le par Anna K.

Plusieurs vagues d'émigration, volontaires ou non, ont eu lieu de la Lorraine vers la Russie.

Le Palais de Catherine II

Les trois plus importantes furent celles-ci :

La première vague d'émigration : à la mort de Stanislas, Duc de Lorraine.

Elle est motivée par des raisons essentiellement politiques. Nous sommes en 1766, Stanislas vient de mourir et la Lorraine, jusqu'alors état indépendant, est annexée sans ménagement par la France.

Les impôts et les corvées sont renforcés, les transformations sociales importantes, le prix du blé augmente, près de 1300 Lorrains sont arrêtés, la situation devient insupportable pour certains sujets. La seule solution est l'émigration ; d'autant qu'à l'époque, l'attrait pour la Russie est vif.

Ils vont s'installer à Moscou et Saint-Pétersbourg. Rappelons-nous que le français est la langue parlé à la Cour de Russie de Catherine II. Ils occuperont des postes à responsabilité (précepteur, gouverneur ou professeur de langue français) et leur réussite va attirer en Russie d'autres jeunes insatisfaits.

Tous, carrière et fortune faites, reviendront finir leurs jours en Lorraine.

La seconde vague d'émigration : les guerres Napoléonienne et la famine.

La Guerre : nous sommes maintenant en 1812 et 6 000 alsaciens-lorrains font partie de la campagne de Russie. Ils subissent la retraite de la "Grande Armée" sur la Bérésina. L'Armée réquisitionne de plus en plus de jeunes gens ; alors pour échapper à ce sort, ceux-ci quittent la région et demandent à partir vers la Russie. 

La famine : la Lorraine souffre de la disette. Il y a les mauvaises récoltes des années 1809, 1810, 1812 à 1815 et surtout l'année fatale 1816 (vendanges inexistantes causées par les inondations et le froid, mort des 2/3 des troupeaux...). Les coûts de guerre se repercutent aussi sur la situation financière des communes, ce qui oblige de nombreux artisans à émigrer. Ceci ajouter aux misères ordinaires de la guerre ...

La situation est donc très difficile en Lorraine. Dans le même temps, par divers décrets de monarques russes, il est promis à ceux qui se décident à partir vers les colonies russes :

  • la liberté totale individuelle,
  • la possibilité donnée à chacun de développer son métier,
  • l'exemption du service militaire,
  • des terrains et la possibilité plus tard de les racheter,
  • l'exemption totale d'impôts pour les dix premières années à la colonie,
  • l'administration autonome par les colonisateurs eux-mêmes,
  • la liberté de religion complète.

Toutes ces raisons poussent donc une partie de la population à émigrer vers ces colonies, dans l'espoir enfin de trouver une nouvelle patrie et de recommencer une nouvelle vie.

La troisième vague d'émigration : après la seconde guerre mondiale.

Les "Malgré-Nous" sont des Alsaciens-Lorrains des territoires annexés par le Reich en 1940 enrôlés de force dans la Wehrmacht à partir d'août 1942 et envoyés sur le front de l'Est.

En 1945, à la Libération, ils sont faits prisonniers par l'Armée Rouge et emmenés en URSS.

Leur rapatriement vers la France sera parfois tardif : comment faire comprendre aux autorités soviétiques que les Alsaciens-Lorrains étaient des Français de plein droit ?

Publié dans Terre de Migrations

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Karolvs 18/01/2009 20:33

Très intéressant ! J'ignorais que des Lorrains avaient émigré en Russie sous la Grande Catherine !