L'immigration polonaise en Moselle

Publié le par Anna K.

Depuis le Duc Stanislas au XVIIIème siécle, la Lorraine et la Pologne entretiennent des rapports étroits. Au cours du siècle dernier, une nouvelle vague importante de polonais est arrivée en Lorraine pour succéder aux italiens dans les mines de fer.

La présence polonaise en Moselle avant 1919 - il est difficile de disposer d'informations sur la durée et le volume de cette première émigration : les dossiers de la préfecture concernant les réfugiés polonais, à partir des années 1830, ont été détruits en 1944.
Il semble que les Polonais aient été encore peu nombreux en Moselle annexée de 1871 à 1919 ; il est en outre malaisé de les identifier, car les Polonais de Posnanie étaient dénombrés parmi les Allemands, lors des recensements.

La présence polonaise en Moselle dans l'entre-deux-guerres
- Elle est massive, organisée et encadrée : environ 700 000 Polonais, qui ne peuvent plus se rendre aux États-Unis du fait de l'instauration des quotas, émigrent désormais vers la France où l'armistice de 1919 a amené le retour intégral du gisement lorrain.

Les polonais font partie de la deuxième vague d'immigration qui amène en Lorraine avec eux des milliers de familles italiennes, yougoslaves ou tchèques qui sont logées et prises en charge par la mine.

En 1921, on recense en Lorraine 10 000 Polonais, puis 40 000 en 1926, dont la moitié dans le département de la Moselle.

Hormis l'agriculture, toujours à la recherche de main-d'œuvre polonaise, les émigrés sont employés dans le bassin de charbon de la Moselle (Merlebach, Creutzwald et Forbach). Les mines ont attiré les Polonais à Sarreguemines, Forbach, Longwy.

Mais, que ce soit en Moselle ou en Meurthe et Moselle, les Polonais ne l'emportaient nulle part en nombre : les Sarrois et les Allemands, les Italiens, les dépassaient. Ils travaillaient dans le bassin charbonnier lorrain, la main d'œuvre locale préférant se diriger vers la sidérurgie.


A partir de 1925-1926, les mines de fer embauchèrent des Polonais pour compléter et concurrencer la main d'œuvre italienne.

En 1931, l'immigration atteint son paroxysme en Lorraine :

  • les italiens représentent 95.000 personnes.
  • Les polonais sont la deuxième communauté avec 70.000 individus.
En Moselle, la proportion des immigrants s'élève à :
  • 29% pour les polonais,
  • 27% pour les italiens et
  • 21% pour les allemands.
Les nouveaux venus de Pologne s'intègrent très difficilement : ils pensent être en France provisoirement, en attendant que la situation s'améliore dans leur pays d'origine. D'ailleurs de "petites Pologne" vont se constituer, comme celle du Habsterdick à Petite-Rosselle ou celle de Jeanne d'Arc à Saint-Avold.
De son côté, L'État francais n'est pas vraiment disposé à naturaliser ces travailleurs polonais, par trop attachés à leur culture d'origine. Les autorités, même si elles se plaignent du repli communautaire des Polonais, ne semblent rien faire pour en atténuer les manifestations et les effets.

En 1935, lorsque la crise fait rage, quand les mesures de protection du "travail national" ne suffisent plus, l'État procède à des expulsions collectives.

Beaucoup de polonais sont, malgré tout, restés en Lorraine ; la situation géo-politique de leur pays ne les incitant pas à rentrer après la deuxième guerre mondiale.

Publié dans Terre de Migrations

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