L'immigration italienne en Moselle

Publié le par Anna K.

Comme nous l'avons vu avec les huguenots messins à Berlin, les lorrains émigrés au Banat ou encore les colons lorrains en Algérie, la Moselle est une terre de migrations.

Des départs, mais aussi des arrivées : voici l'histoire de l'immigration italienne en Moselle.

A la fin du XIXème siècle, la société italienne va subir de profonds changements consécutifs à la constitution du nouvel État unitaire italien : avec notamment la fin d'une organisation quasi-féodale du travail dans un pays encore fortement dépendant de son agriculture.

Ce qui pousse, dès 1880, des millions d'Italiens sans terre et sans emploi à émigrer vers les Etats-Unis et les pays industrialisés d'Europe.

A cette même période, la découverte du gisement minier autour de Briey et le développement de la sidérurgie créent une forte demande de main d'oeuvre en Lorraine. Les patrons de l'industrie locale ne la trouveront pas dans les campagnes, déja vidées par une industrialisation et un exode rural précoces. C'est donc tout naturellement vers la main d'oeuvre italienne, nombreuse et bon marché ,qu'ils vont se tourner.

En Moselle, cette arrivée en masse ne cesse de se développer dans les vallées industrielles entre Thionville et Metz.
Employés dans les usines, les mines mais aussi pour le terrassement et dans le bâtiment, qui accompagnent le développement économique de la région, ce sont souvent des hommes jeunes venant du Nord (Piémont, Romagne...) que font venir des sociétés de recrutement spécialisées.
Ces nouveaux immigrants viennent seuls et sont logés par leurs employeurs dans des baraquements précaires. Les conditions de travail qui leur sont imposées sont très difficiles.

Dès 1900, ce sont 15.000 Italiens qui vivent en Moselle.

A l'aube de la seconde guerre mondiale, ils sont le double : 80% de cette population est masculine.

Ce n'est qu'après la guerre, avec l'amélioration des conditions de travail et de la protection sociale, mais aussi grâce à une nouvelle vague d'émigration (composée pour une bonne part d'opposants au régime fasciste de Mussolini), que les familles italiennes s'installeront réellement.
On voit ainsi naitre des rues, des cités, des quartiers, voire des villes italiennes sur les bassins sidérurgiques et miniers lorrains. Dans certaines communes, plus de la moitié de la population est italienne. Les immigrants créent leurs clubs de foot, leurs sociétés culturelles et participent à la vie sociale de leur nouveau pays tout en cultivant les liens avec leurs racines.

La population italienne ne cessera de croitre dans le département jusqu'à la fin des années cinquante où elle représentera près de la moitié de la population étrangère locale.

Avec le temps, les régions d'origine des arrivants se sont déplacées du nord vers l'Adriatique et le Mezzogiorno, les régions les plus pauvres du pays.

Cependant, la fermeture des mines et l'écroulement de l'industrie sidérurgique, vont marquer l'arrêt de l'immigration, qui, conjugué à l'assimilation de la population et à l'acquisition de la nationalité française, va faire baisser la population italienne de Moselle jusqu'au nombre actuel de 19.500 (environ 2% de la population totale).

Publié dans Terre de Migrations

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

gari 18/07/2009 19:42

merci pour ce clein d'oeil à mes compatriotes qui ont donnés leurs vies ici ;)

houba 20/03/2009 19:06

très interessant cette article! bon week end